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La prévention des risques professionnels

1 Août 2021Actus

« La prévention des risques professionnels recouvre l’ensemble des dispositions à mettre en œuvre pour préserver la santé et la sécurité des salariés, améliorer les conditions de travail et tendre au bien-être au travail » (définition INRS). Comment agir pour la prévention primaire ? Quels sont les principes généraux ? Quel est le rôle du pôle technique de l’AISMT13 ? Bienvenue au cœur de la prévention.

La démarche de prévention des risques professionnels : 9 principes généraux

Prévenir, c’est agir : « éviter l’apparition, le développement ou l’aggravation de maladies ou d’incapacités » (source HAS). En santé au travail, on agit sur trois niveaux de prévention :

  • Primaire : action prioritaire, pour intervenir au plus tôt sur les facteurs de risques pour les supprimer ou les réduire ;
  • Secondaire : suivre les risques et l’état de santé des salariés ;
  • Tertiaire : limiter les conséquences d’un risque survenu, afin d’agir pour le maintien en emploi.

Pour construire une démarche de prévention, tous les acteurs concernés doivent être impliqués, et les spécificités de l’entreprise prises en compte : taille, organisation, implantation géographique, etc.

Obligations règlementaires

Article L. 4121-1 : l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Article L4121-2 et L. 4121-3 : l’employeur évalue les risques et met en œuvre les mesures prévues sur le fondement des 9 principes généraux de prévention suivants (méthode d’analyse et d’action sur les risques professionnels que doit suivre obligatoirement le responsable d’entreprise).

Les 9 principes généraux de prévention
9 principes généraux de prévention Miniature

9 principes généraux de prévention :
télécharger le livret

Les 9 principes de prévention illustrés en vidéo par l’INRS

Pourquoi évaluer les risques professionnels ? 

L’évaluation des risques professionnels, EVRP, est le point de départ de toute démarche de prévention en santé et sécurité au travail. « L’identification, l’analyse et le classement des risques permettent de définir les actions de prévention les plus appropriées, couvrant les dimensions techniques, humaines et organisationnelles » (source : Ministère de l’Intérieur). Conduite par l’employeur, elle est un outil permettant de communiquer, d’agir et de progresser sur les aspects santé et sécurité de ses activités tout au long de son évolution.

« L’EVRP constitue l’un des principaux leviers de progrès dans l’entreprise. Elle lui est utile puisqu’elle contribue à améliorer son fonctionnement tout au long de son évolution, en consolidant la maîtrise des risques avérés, mais également en pointant l’apparition de risques à effets différés ou de nouveaux risques, en particulier ceux qui sont liés aux nouvelles organisations (recours plus fréquent à des CDD, intérim, flux tendus…) ou à de nouveaux procédés industriels.

La santé et la sécurité des salariés ne doivent donc pas être dissociés du fonctionnement de l’entreprise (choix techniques, organisation du travail, mobilisation des compétences, formation…). La mise en place d’une démarche de prévention contribuera à améliorer la performance de l’entreprise sur le plan humain et économique. » (source : INRS)

Les résultats d’une évaluation des risques professionnels sont formalisés dans un document unique, permettant l’inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’entreprise ou de l’établissement. Ce dernier est notamment à la disposition des salariés, des membres du CHSCT, des délégués du personnel, du médecin et de l’inspecteur du travail (source : INRS).

    Aspect règlementaire du DUER
    DUERP Miniature

    Tout ce qu’il faut savoir sur le DUERP dans un livret de prévention

    Employeurs, vous souhaitez être accompagné pour mettre en place votre DUERP ?
    Contactez votre centre médical ou inscrivez-vous à un atelier de prévention dédié en visio.

    La prévention en action au sein de l’AISMT13

    Les services de santé au travail ont pour mission de conseiller les employeurs, les travailleurs et leurs représentants afin d’éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail. Au sein de l’AISMT13, un pôle technique prévention agit auprès des équipes médicales. Interview de Carole Duval, Intervenante en Prévention des Risques Professionnels (IPRP) et coordinatrice du pôle, et retours d’expérience de Nathalie Ramousse, IPRP, ainsi que Magali Chevassu, Psychologue.

    Quel est le rôle du Pôle technique prévention de l’AISMT13 ?

    Ce pôle est constitué d’experts qui peuvent intervenir dans l’entreprise pour répondre à une problématique repérée par le médecin du travail, son équipe ou suite à une demande de conseil de l’entreprise auprès du médecin. Nos interventions sont ciblées, adaptées au contexte de la société. Notre objectif est bien sûr d’accompagner les acteurs de l’entreprise dans la mise en place de mesures préventives, mais également de les rendre autonomes sur les questions de prévention. Le double regard médecin du travail / expert en prévention permet d’apporter des conseils personnalisés, adaptés aux problématiques rencontrées. Nous accompagnons les employeurs ou personnes en charge de la démarche prévention sur différentes thématiques : risques psychosociaux, ergonomie, risque routier, risque chimique, champs électromagnétiques, bruit… autant de domaines où nous bénéficions d’expertise. Nous disposons pour cela d’ergonomes, de psychologues, de techniciens et d’ingénieurs prévention chacun expert dans son domaine, mettant en œuvre des actions concrètes : accompagner l’employeur dans sa stratégie prévention, réaliser des mesures ou un diagnostic, ou encore sensibiliser les salariés sur une thématique de risques professionnels. Nos interventions sont comprises dans la cotisation adhérents. (Carole Duval)

    Pourriez-vous nous présenter un exemple d’actions réalisées par le pôle prévention et de l’impact sur l’entreprise ?

    Nathalie Ramousse, IPRP, et Magali Chevassu, psychologue, nous présentent des exemples de démarches de prévention.

    Un exemple de démarche prévention dans le cadre d’une exposition au bruit dans une entreprise fabriquant des emballages en bois

    Nathalie Ramousse – IPRP

    La démarche se fonde sur les principes généraux de prévention et peut donc s’articuler autour des 4 piliers suivants, par ordre de priorité :

    1. Réduire le bruit à la source : en premier lieu, il s’agit d’identifier la ou les sources sonores, puis de les supprimer. Cela n’est bien évidemment pas toujours possible. En l’occurrence, dans cette entreprise, plusieurs solutions techniques peuvent être mises en place pour réduire fortement le bruit des machines. Par exemple, le remplacement des lames de scie classiques par des lames silencieuses (à denture aléatoire) permet de réduire jusqu’à 15 dB les niveaux sonores générés par la machine. Une possibilité rarement proposée par les fabricants de pièce d’usure et pourtant simple en terme de mise en place.

    2. Agir sur la propagation du bruit : le traitement acoustique du local permet de réduire la réflexion du son, comme le traitement acoustique des murs ou du plafond ou encore la pose d’écran entre les postes de travail. Cette solution, plus complexe à mettre en œuvre (coût, encombrement, longévité), permet de gagner entre 5 et 6 dB.

    3. Agir sur la prise de risque : elle repose souvent sur 3 axes, l’action doit être simultanée sur ces 3 leviers :

    • La culture de l’entreprise, notamment l’exemplarité des managers ;
    • Le coût d’agir en sécurité : par exemple, parcourir 300 mètres pour consigner un équipement de travail ;
    • La conscience du risque : pour cela, il est indispensable de sensibiliser les salariés aux risques liés au bruit, aux conséquences sur la santé et à la façon de se protéger. En effet, l’oreille humaine s’habitue au bruit et finit par ne plus y prêter attention alors que les effets nocifs sont toujours présents.

    4. Mettre à disposition des équipements de protections individuelles adaptés : la protection la plus efficace est celle qui sera portée le plus longtemps. Pour cela, l’idéal est de se rapprocher de chaque salarié afin de lui proposer la Protection Individuelle Contre le Bruit (PICB) qui lui correspond le mieux : selon le mode de port (intra-aural, circumaural, supra-aural) et selon le mode de fonctionnement (passif ou actif).

    Un exemple de démarche prévention dans le cadre d’un mal-être social

    Magali Chevassu – Psychologue du travail

    Situation économique difficile, relations conflictuelles entre salariés et hiérarchie, perte de confiance, résistance au changement… cette entreprise œuvrant dans le secteur de la logistique faisait face à des difficultés d’organisation du travail impactant sa productivité.

    Afin de remonter aux origines des problèmes, nous avons mis en place les étapes d’une démarche d’évaluation des risques psychosociaux :

    1. Sensibiliser l’ensemble du personnel : afin de donner des outils permettant de centrer la réflexion sur les situations problématiques dans le travail.

    2. Constituer un comité de pilotage : garant de la communication autour de la démarche, de la sélection de la méthodologie la plus adaptée, il permet également le suivi et la mise en place du plan d’action une fois le diagnostic posé.

    3. Mettre en place des groupes de réflexion « métier » : en fonction des conditions d’exposition aux différentes problématiques de travail, ces entretiens collectifs, animés par la psychologue du service de santé au travail, permettent une réflexion cadrée sur les enjeux/contraintes/suggestions d’amélioration des situations de travail.

    4. Restituer et mettre en place le plan d’action : suite au diagnostic, des propositions d’amélioration sont validées, appliquées, et les modalités de suivi de leur efficacité sont décidées.

    Pour cette entreprise, une restructuration de la communication centrée sur l’apport de sens (mise en place de réunions de service, présentation régulière des objectifs, de la situation vis-à-vis des clients grâce à des supports chiffrés), un travail sur la confiance et l’appartenance (mise en place d’espaces d’échanges réguliers (hebdomadaires puis mensuels) entre salariés les chefs d’équipe centrés sur la résolution de problèmes du quotidien), ainsi qu’un travail sur la reconnaissance (mise en place de réunions avec la direction, instauration de canaux de remontées des besoins du terrain) a permis d’apaiser le climat, de remobiliser les salariés et de restaurer la productivité.

    Employeurs, vous souhaitez échanger sur une problématique prévention en entreprise ?
    Vous pouvez contacter votre médecin du travail.
    Les interventions sont comprises dans votre adhésion.     

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